


Ce site vise à diffuser les productions journalistiques de Nicolas Landru, qui sont le fruit de ses enquêtes et observations au Caucase, et tout particulièrement en Géorgie. Le blog rassemble articles, rapports d'actualité, commentaires ou photographies dont lui ou ses proches collaborateurs sont auteurs.

Pictures: Nicolas Landru
Kutaisi recently came in the international media's attention: while blowing up a Soviet World War II memorial, an old woman and a little girl were killed. Because the date of explosion was advanced and the operation poorly prepaired.
One can read these tensions around the city's number one historical monument: the ruins of Bagrati Cathedral. As it was destroyed by the Turks in the 17th century, it became an icon of Georgia. But the current president, Mikheil Saakashvili, had a will to rebuild it fully and to add to it a glass dome, thus monumentalizing his aspiration to reshape Georgia's glory in a modern, USA-oriented syncretism.
Following protests of the UNESCO and the Orthodox Church, Saakashvili abandonned this idea. But anyway, repairs are currently going on at the cathedral, where workers replace old stones by new ones. Is it just the new making of the ruin, or will the plan to complete the building be finally realized? Wheather with or without a glass dome?
The second Georgian city, officially 230 000 inhabitants, probably less due to constant emigration, is at the same time poor and rich.
Rich of history, beauty, architectural heritage, hospitality, traditions... Rich also of ruined concrete blocks and devastated former industries in its new parts, economically depressed, brain drained, with a very high rate of unemployement.




Pictures: Nicolas Landru. More pictures: Kutaisi, Imereti, Georgia

Centre industriel massif, principalement de métallurgie, la ville a été peuplée d'émigrés ouvriers de toute la Géorgie, surtout de Géorgie occidentale, jusqu'alors encore rurale, pauvre et surpeuplée.
Bien placée sur la route Tbilissi-Bakou, elle avait pour but de transformer le minerai de fer acheminé d'Azerbaïdjan. Ville industrielle majeure de Géorgie, contrastant fortement avec l'antique cité de Tbilissi voisine et avec un pays massivement rural, elle n'en contient pas moins des aspects fascinants.
Son centre est un prototype d'élégante architecture stalinienne néo-classique, construit en grande partie par des prisonniers de guerre allemand. L'immense théâtre notamment est un chef d'oeuvre de néo-clacissisme soviétique.
Les usines tombées en désuétude après l'effondrement de l'Union Soviétique, notamment en raison de la désintégration du système de production et de distribution de l'Union, les années 1990 ont été sévères pour Roustavi. La population est passée de 160 000 à 115 000 habitants, avec plus de 60% de chômage.
Depuis, la ville fonctionne en partie comme une banlieue lointaine de Tbilissi ; les marchroutkas pour s'y rendre, ces taxis collectifs, sont nombreuses et ne coûtent qu'1 Lari. Bien des Roustaviens travaillent dans la capitale et font le trajet, qui ne prend qu'1/2 heure - 45 minutes, guère plus que Tbilissi-centre vers certaines banlieues.
Le nouveau régime géorgien a depuis 2006 entamé une rénovation des principales infrastructures de la ville, en asphaltant les rues, repeignant les façades des immeubles donnant sur la rue principale et en retapant les bâtiments publics décrépissant.
Si, typique des politiques urbaines actuelles, la nouvelle peinture s'est arrêtée à la façade visible depuis la route, l'initiative a au moins réhabilité le nécessaire, et la ville semble un peu moins grise qu'auparavant.
(*Photo de Ruby)
Roustavi possède aussi l'un des ensembles folkloriques les plus connus de Géorgie, "Roustavi" ; c'est là encore que se trouve le circuit automobile où les Tbilissiens apprennent à conduire et passent leur permis (en intérieur, donc, sans aucune expérience de la circulation urbaine!).
Etonnante ville à la fois vétuste et futuriste, sortie de la steppe qui débouche sur l'Azerbaïdjan, la préfecture de Kvémo Kartlie offre un spectacle visuel fort en contrastes.
Et contient plus d'une surprise, comme l'initiative de construction de mini-églises (la ville n'en a pas une grande, alors que l'église orthodoxe construit abondamment à Tbilissi) qui paraissent d'autant plus bonsaï qu'elles sont encerclées par les tours...
Et, semble-t-il, le long de sa rue principale, sur environ 1km tout au moins, flambant neuve, l'unique piste cyclable de Géorgie...




Un dimanche de février, jour de marché à Tsalka, fin d'après-midi. Nous partons de Tbilissi et poursuivons notre route, dans une BMW immatriculée à Tbilissi, jusqu'à la ville de montagne reculée. Les Tbilissiens n'ont bien sûr qu'une idée en tête : acheter des pommes de terres moitié moins cher que dans la capitale. Après tout, nous sommes au paradis de ce féculent, là où il est le meilleur dans toute la région et peut-être même au-delà.