mardi 2 mars 2010

Roustavi, ville du métal sortie de la steppe


La ville de Roustavi, à une dizaine de kilomètres à peine au sud de Tbilissi (environ 115 000 habitants), a été sortie du néant dans une région inhabitée entre 1941 et 1950, dans le cadre de l'industrialisation accélérée de Staline à cette époque.

Centre industriel massif, principalement de métallurgie, la ville a été peuplée d'émigrés ouvriers de toute la Géorgie, surtout de Géorgie occidentale, jusqu'alors encore rurale, pauvre et surpeuplée.

Bien placée sur la route Tbilissi-Bakou, elle avait pour but de transformer le minerai de fer acheminé d'Azerbaïdjan. Ville industrielle majeure de Géorgie, contrastant fortement avec l'antique cité de Tbilissi voisine et avec un pays massivement rural, elle n'en contient pas moins des aspects fascinants.

Son centre est un prototype d'élégante architecture stalinienne néo-classique, construit en grande partie par des prisonniers de guerre allemand. L'immense théâtre notamment est un chef d'oeuvre de néo-clacissisme soviétique.


La ville s'est développée quasiment sur une route de part et d'autre de la rivière Koura, échelonnant de manière très visible tous les modèles d'architecture soviétique de 1941 à 1991.

Les usines tombées en désuétude après l'effondrement de l'Union Soviétique, notamment en raison de la désintégration du système de production et de distribution de l'Union, les années 1990 ont été sévères pour Roustavi. La population est passée de 160 000 à 115 000 habitants, avec plus de 60% de chômage.

Depuis, la ville fonctionne en partie comme une banlieue lointaine de Tbilissi ; les marchroutkas pour s'y rendre, ces taxis collectifs, sont nombreuses et ne coûtent qu'1 Lari. Bien des Roustaviens travaillent dans la capitale et font le trajet, qui ne prend qu'1/2 heure - 45 minutes, guère plus que Tbilissi-centre vers certaines banlieues.

Le nouveau régime géorgien a depuis 2006 entamé une rénovation des principales infrastructures de la ville, en asphaltant les rues, repeignant les façades des immeubles donnant sur la rue principale et en retapant les bâtiments publics décrépissant.

Si, typique des politiques urbaines actuelles, la nouvelle peinture s'est arrêtée à la façade visible depuis la route, l'initiative a au moins réhabilité le nécessaire, et la ville semble un peu moins grise qu'auparavant.

(*Photo de Ruby)

Certaines activités économiques ont été transférées de Tbilissi à Roustavi, notamment l'immense marché au voiture. Ces dernières années, les magasins se sont multipliés.

Roustavi possède aussi l'un des ensembles folkloriques les plus connus de Géorgie, "Roustavi" ; c'est là encore que se trouve le circuit automobile où les Tbilissiens apprennent à conduire et passent leur permis (en intérieur, donc, sans aucune expérience de la circulation urbaine!).

Etonnante ville à la fois vétuste et futuriste, sortie de la steppe qui débouche sur l'Azerbaïdjan, la préfecture de Kvémo Kartlie offre un spectacle visuel fort en contrastes.

Et contient plus d'une surprise, comme l'initiative de construction de mini-églises (la ville n'en a pas une grande, alors que l'église orthodoxe construit abondamment à Tbilissi) qui paraissent d'autant plus bonsaï qu'elles sont encerclées par les tours...

Et, semble-t-il, le long de sa rue principale, sur environ 1km tout au moins, flambant neuve, l'unique piste cyclable de Géorgie...


Photos : Nicolas Landru (sauf *)

1 commentaire:

Arpig-Rose a dit…

Bonjour M. Nicolas Landru,
contente de vous lire assez souvent.
Sachez que j'attends un article aussi pertinent que tous ceux que vous proposez sur la Géorgie il s'agit de la situation des Arméniens du Djavakhk dans cette région du Caucase!!Ce site que je vous propose en parle.
http://www.georgia-news.info/
Vous pouvez me contacter à cette adresse : arpigb@free.fr
Bonne continuation et merci pour vos infos
Arpig-Rose Baravian